Agenda archive 2016

dimanche 17 janvier 2016


Vendredi 15 janvier à Tulle (19)
"Polar et cinéma" : journée de formation aux bibliothécaires

I'm Deranged (Petit Polar n°436)

jeudi 14 janvier 2016


L'album 1.Outside sorti le 26 Septembre 1995 chez Virgin Records est sous titré The Ritual Art-Murder of Baby Grace Blue: A non-linear Gothic Drama Hyper-Cycle. Quelque part dans un XXI ème siècle étrange le détective Nathan Adler travaille pour un bureau d'investigation gouvernemental qui enquête sur le Art Crime. Baby Grace Blue a été assassiné selon un rituel artistique, plusieurs narrateurs racontent cette histoire. I'm Deranged est chanté par L'Artiste aussi appelé Le Minotaure...




Et n'oubliez pas votre Petit Polar n°435 du côté de chez K-Libre.

Panorama éditorial du roman policier (3)

mercredi 13 janvier 2016

À la veille de retourner à Tulle pour animer une nouvelle formation sur le thème "Polar et cinéma", retour sur la session de 2015.


Habituellement réalisée en deux jours, le "Panorama éditorial du roman policier" a eu lieu en une journée, avec un groupe de bibliothécaires motivés et participatifs !


Après avoir défini les multiples composantes de l'univers du roman policier, nous avons tenté de parcourir la profusion des nouvelles collections et nouveaux éditeurs lancés ces 15 dernières années. Le temps passe vite mais nul doute que des graines ont été semées...

Le Panorama éditorial du roman policier aborde les principales catégories des littératures policières (énigme, roman noir et thriller/suspense) et met en avant la diversité du genre. Savoir ce que l'on peut trouver et où le trouver est une aide précieuse pour naviguer en eaux troubles. 

Les évaporés, Thomas B. Reverdy

mardi 12 janvier 2016


Les amateurs de polar, et ceux de littérature américaine, établiront rapidement la filiation en découvrant Richard B., résidant à San Francisco. Brautigan n'est pas loin. Le personnage de ces Evaporés est un détective, bien sûr. Celui-ci se dit poète.

L'amour que Richard B. porte à Yukiko va le mener au Japon, à la recherche du père de cette dernière. Fait-il partie des centaines de disparus qui chaque année fuient leurs dettes ? Cette possibilité fait écho à un fantasme : changer de vie. Tout à coup, devenir un autre. Richard, Yukiko et son père, tous en ont la possibilité dans cette histoire. Tout comme Akainu, l'enfant rendu orphelin par le tsunami et la catastrophe nucléaire. Que vont-ils faire ? Auront-ils le courage ? Dans cette enquête le poursuivant en apprend autant sur lui-même que sur le poursuivi. Thomas B. Reverdy ne fait pas un roman exotique sur le japon, il croise des personnages et "fait écran", à l'image de la description du métier de détective, "dernier voile, celui qui permettait de regarder la vérité sans se faire mal. (...) Il sait surtout donner à ce grand déballage une solennité douce, dénuée de tout jugement de valeur"...

La vérité sur Kaze, le père de Yukiko, n'a pas tant d'importance que la trajectoire qu'il a suivie. L'auteur part d'un fait réel, ces évaporés du Japon, et y ajoute les causes et conséquences de Fukushima : "Dans un roman français, ils n'auraient jamais pu retrouver son père, et, dans un roman américain, ils auraient pu le ramener chez lui. Mais c'était la fin d'une histoire japonaise."

Thomas B. Reverdy, Les évaporés, Flammarion, 2013, réédition poche 2015, 7,20 €, 317 p.

Si tous les dieux nous abandonnent, Patrick Delperdange

vendredi 8 janvier 2016


Le début d'un roman suffit à se faire une idée de sa qualité, dit-on. C'est parfois vrai, alors l'impression initiale se confirme à la fermeture de l'ouvrage. Dans Si tous les dieux nous abandonnent, les 7 premières lignes plantent une ambiance prometteuse, avec ses possibilités d'excès.

Dans chaque chapitre, un narrateur se raconte à la première personne. Ils sont trois : Céline a tué son violeur. Léopold attend la mort dans un veuvage solitaire. Josselin est mal accompagné par un frère violent. Tous se situent du côté du prolétaire rural plus que du néo-rural de la classe moyenne. Le langage est donc en fonction. Le lecteur, lui, plonge directement dans l'action et dans la psychologie. Avec le travers que cela peut comporter : avoir trop de données sur les motivations des personnages. L'auteur n'en dit pas trop heureusement, car les zones d'ombres sont plus propices à faire travailler l'imaginaire. 

Maisons, routes, forêt, caravanes, étang... Le paysage décrit n'a pas de pays et il est parfois possible de s'imaginer aux Etats-Unis, dans une histoire de Jim Thompson. Sans doute parce que les gens que l'auteur décrit s'apparentent aux abrutis, vicieux et paumés qu'affectionne l'américain. Sans doute parce que Delperdange aime les polars américains. Il parvient à nous placer au plus près de ses personnages. Leur souffrance, leur bêtise, leurs questionnements sont palpables, compréhensibles. Dans le dernier quart du roman le drame s'accélère comme il se doit, et les comportements basculent un peu à outrance. L'irruption de ces excès, surtout en ce qui concerne Josselin, tranche avec l'équilibre entretenu au début du roman. L'accélération de la folie, la symbolique clairement affichée entre lumière et ténèbres (et les dieux présents dans le titre) alourdissent et laissent dubitatif. Pas comme chez ADG, prenons La nuit des grands chiens malades, où le burlesque dramatique est présent dès le début.

Hormis ces quelques réserves, bienvenue dans un roman noir rural réussi. Patrick Delperdange n'en est pas à son premier polar, Prix Simenon en 1987 pour Monk, on peut aussi le lire chez Actes Sud avec Coup de froid (1992).

Patrick Delperdange, Si tous les dieux nous abandonnent, Série Noire, 2016, 17 €, 230 p.

Caroline de Benedetti

Henry Don't Got Love (Petit Polar n°434)

jeudi 7 janvier 2016


Le duo mexicain Le Butcherettes chante des chansons en rapport avec la condition féminine et la lutte des femmes depuis les années 50 jusqu'à nos jours... fatalement quelques petits polars se pointent dans le répertoire...


Esprit d'hiver, Laura Kasischke

mardi 5 janvier 2016


Esprit d'hiver est le 10e roman de l'américaine Laura Kasischke. Il n'a pas pu décevoir ceux qui attendent avec gourmandise chacune de ses histoires. Ceux qui ne l'ont jamais lue peuvent commencer par cette glaciale tranche de Noël. Elle va vous décrocher la mâchoire.

Il faut posséder un esprit d’hiver
Pour regarder le gel et les branches
Des pins sous leur croûte de neige
- Wallace Stevens -

De roman en roman Laura Kasischke laisse apparaître son sujet : la famille, la jeunesse, des portraits de femme. Allez voir du côté de À Suspicious river, Les revenants (qui débute comme du David Lynch), Rêves de garçons (un chapitre fabuleux dans un bus), ou encore En un monde parfait, sans doute le plus proche de cet Esprit d'hiver pour le face à face familial et la présence d'un monde environnant fantomatique et menaçant. Une simple sonnerie de téléphone vous y fait sursauter.

Dans ce suspense psychologique, une mère de famille raconte son jour de Noël, attachant le lecteur à ses pas, quand elle ouvre la porte de la chambre de sa fille, quand elle téléphone à son mari parti chercher les grand-parents à l'aéroport, quand elle cuit le rôti, quand elle se remémore l'adoption de leur fille ou qu'elle tente de se remettre à l'écriture de la poésie. Ces moments plein de douceur et de familiarité sont marqués par la tension entre la mère et la fille. Que se passe-t-il vraiment entre elles, seules dans cette maison ? La douceur des préparatifs se trouble petit à petit, le malaise gagne et la vérité tombe, terrible.

Laura Kasischke, Esprit d'hiver, Bourgois, 2013, Livre de poche 2015. 312 p. 7,10 €. Traduit par Aurélie Tronchet.

Caroline de Benedetti
 
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