Max et les Ferrailleurs (Claude Sautet, 1971)

mardi 28 janvier 2014


Après les Petits Polars du Jeudi, Dj Duclock (a.k.a Emeric Cloche) vous propose les Mardi Cinéma. En DVD ou en salles obscures pour le plaisir des yeux et des oreilles... 

Les ferrailleurs sont des petits truands de Nanterre qui survivent comme ils peuvent en pillant des chantiers. Max est un flic hanté par un échec passé et qui décide d'agir avec sa propre méthode... Sauf qu'avec Max et les ferrailleurs nous sommes loin de l'Inspecteur Harry (Don Siegel) ou du Marginal de Jacques Deray, qui ont sûrement par ailleurs des qualités pour quelques spectatrices ou spectateurs.


Le film de Claude Sautet est lent et somptueux. Dès les premières minutes le cinéphile, qui connaît la musique, sait ce qui va se passer et comment cela va finir. Il existe des points de basculement possibles, mais Max et les ferrailleurs est une tragédie servie sur un plateau ; le film est sobre et sans pitié. Le duo Michel Piccoli (Max, le flic) et Romy Schneider (Lily, la prostituée) permet de très belles scènes (ah la scène de la salle de bain...) et les seconds rôles ne sont pas en reste, avec des acteurs comme Bernard Fresson, Philippe Léotard, Georges Wilson et François Ferrier.

La musique de Philippe Sarde ne gâche rien à l'affaire. Notez au passage que le film est tiré du roman policier de Claude Néron Max et les ferrailleurs qui ne semble pas avoir été réédité depuis les années 70.
Emeric Cloche.



Vous voulez reprendre un peu de Romy Schneider et de Michel Piccoli ?
Allez donc faire un tour du côté de chez Duclock pour Le Trio Infernal de Francis Girod. 

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Belle critique -- lent et somptueux, sobre et sans pitié -- parfaitement d'accord. Il y a encore sans doute beaucoup de choses à dire sur les jeux de miroirs, les paradoxes. Max admire les braqueurs, ces " professionnels qui font leur métier à la perfection" et pour les égaler il manipule des amateurs qu'il méprise "ceux qui prétextent de la malchance pour excuser leur veulerie". Lui-même voudrait prouver qu'il n'est pas qu'un fils de famille mais se sert de l'argent que celle-çi lui procure pour arriver à ses fins.
Les "ferrailleurs" vivent aux dépend des chantiers qui détruisent leur petit paradis marginal et construisent les cages à lapins qu'ils habitent. Max ne fait qu'accélérer leur disparition.
Max est un descendant de Javert et il finit mal comme lui.
La côte de ce film et de son réalisateur devrait monter maintenant que les obstacles idéologiques ( nouvelle vague, post-68 ) disparaissent.

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