SF, polar et apéro

mardi 21 septembre 2010


L'affiche de la 11e édition des Utopiales est signée Philippe Druillet. Reste à découvrir le programme concocté pour cette édition, qui tourne autour du thème "Frontières". À suivre sur leur site.

Rendez-vous polar à ne pas manquer, le deuxième apéro de la librairie l'Etoile Polar à Nantes, c'est jeudi 23 novembre à 18h, 58 rue de la Bastille !

Et pour un peu de lecture intelligente, se reporter à cet article de la revue Mouvements, dans lequel Hafed Benotman s'exprime sur le thème Prison et écriture. "Du point de vue du lyrisme dans l’écriture, je me considère comme un cancre. J’ai arrêté l’école à quinze ans, je n’ai pas de diplômes, je ne suis même pas un autodidacte. Toutes mes connaissances viennent de mes rencontres. J’ai parlé à de véritables assassins, à des personnes qui avaient tué. La seule chose qui m’intéresse, c’est l’humain. Le roman noir pour moi, c’est Dostoïevski. C’est ça ma filiation."

Les Petits Polars du Dj Duclock n°4

jeudi 16 septembre 2010

Nous parlions de Gansta Rap sur K-Libre avec cet air de Maurice Chevalier transformé en publicité pour le pain d’épice. Il est une autre chanson à faire pâlir les mauvais garçons du Hip Hop, c’est le Stagger Lee de Nick Cave, un classique mis en musique avec les Bad Seeds.



Pour un maquereau chanté par Maurice Chevalier je vous donne rendez-vous sur K-Libre.

Les Petits Polars du dj duclock n°2

jeudi 9 septembre 2010


Ce jeudi s’ouvre en binôme avec le site K-Libre une série de Petits Polars musicaux présentés par le Dj Duclock. En France on connaît la chanson de Serge Gainsbourg en duo avec Brigitte Bardot, inspirée par la vie de Bonnie & Clyde, en Allemagne Die Toten Hosen chantent aussi la fascination que peut exercer le couple qui enflamma le Sud Ouest des États Unis lors de la grande dépression…

Die Totem Hosen, Bonnie und Clyde



Retrouvez aujourd'hui même le premier Petit Polar sur K-Libre.

Les racines du mal de Dantec

samedi 4 septembre 2010


Paru en 1995, Les Racines du Mal avait fait grand bruit je m’en souviens, et comme beaucoup je l’ai lu, très impressionnée. Quand j’y repense, c’était sans doute mon premier polar, exception faite des Agatha Christie et Club des Cinq.

Quinze ans après et voilà l’envie de retourner y voir de plus près, avec le recul, ce fameux opus de Dantec. Pour commencer par la conclusion : le roman a mal vieilli. Une bonne palanquée de romans de serial killer est passée par là, mais ce n’est pas le plus gênant. Le côté technologique et apocalypse pré-an 2000 avec sectes en folie et guérillas dans les cités, ça fait juste marrer. En même temps, impossible de ne pas voir là un condensé des futures marottes et pseudos analyses socio-politiques de l’auteur.

En fait les 220 premières pages du roman auraient suffi. L’histoire de Schaltzmann le psychotique, ses meurtres, sa traque par les flics, son suivi psychologique, tout ça se tient. Mais quand une équipe d’experts est montée pour partir à la poursuite d’un autre tueur qui se révèle être une bande... ça vire au grand guignol. Connaître « la nature quantique de l’univers » à travers les diaboliques personnages nommés « ceux des ténèbres », effectivement ça peut impressionner quand on a 18 ans. Et puis surgissent des théories comme « l’apparition des meurtriers en série est en effet inséparable de la naissance de la civilisation des loisirs. Et ce, pour une raison bien simple : il faut du temps pour tuer. Et surtout il ne faut rien avoir de mieux à faire. La civilisation des "loisirs" masque un sous-développement flagrant de l’esprit humain (...) » Oh ? Les loisirs ? Rien à voir avec autre chose ? Aujourd’hui ce serait la faute aux 35h et aux RTT, alors ? Heureusement, avec l’allongement de la durée du travail on n’aura plus le temps pour tuer ! Et bien sûr « La plupart des meurtriers en série ont en effet un QI se situant dans les strates supérieures du tableau. » Sans oublier la théorie de la « coupure des racines » : un enfant déplacé, qui déménage, est séparé de ses origines, d’où l’apparition du Mal... Ajouté à ça un mélange de Tao, Kabbale, délire cosmologique... J’avais finalement hâte de terminer ce roman. Et plus guère envie de revenir à Dantec.

Maurice G. Dantec, Les racines du mal, Gallimard/Série Noire, 1995, 635 p.

Patrick Bard, Orphelins de sang

lundi 16 août 2010


Ils ne sont pas nombreux, à ma connaissance, les auteurs français à planter leurs histoires hors l’hexagone. Il y a bien eu Jean-Paul Jody avec Stringer, La position du missionnaire et plus récemment La route de Gakona. Là, Patrick Bard choisit l’Amérique du Sud, un continent qu’il explore depuis de nombreuses années, en tant que journaliste et photographe.

Le Guatemala vit une situation politique et sociale abominable. C’est un pays où règne la corruption, la mort et la misère, dans lequel il vaut mieux appeler les pompiers que la police quand on est en danger. Les mayas y côtoient les maras et les militaires assassins passés dans la police. Un passé et un présent explosifs. Un roman pour comprendre un pays. Patrick Bard le fait à merveille, sans verser dans le pathos ou le didactisme. C’est l’histoire d’une adoption, l’histoire d’un mensonge familial, de deux mères, de deux familles, américaine et guatémaltèque. L’une vit la pauvreté et la souffrance physique et morale, l’autre l’opulence à crédit et la douleur psychologique.

Patrick Bard évite de parer ses personnages d’un héroïsme outrancier, comme avec le pompier dont le sens de l’engagement s’éveille – ou de misère larmoyante, comme avec cette mère soutenue par une association de femmes en lutte pour leurs droits (à ne pas être battues, violées, torturées et dépossédées de leurs enfants). Orphelins de sang donne un excellent roman noir qui forme de plus une intrigue bien pensée, les liens se dévoilant petit à petit car comme dans la « vraie vie », si des êtres humains vivent un drame commun, ce n’est pas par hasard.

Patrick Bard, Orphelin de sang, Seuil, 2010, 19 euros 50, 336 p.

L'évangile selon Larry Beinhart

lundi 9 août 2010


Larry Beinhart écrit de bons divertissements doublés d’un fond politique ou social. C’est le cas depuis Reality Show (au cinéma Des hommes d’influence, avec De Niro et Dustin Hoffman qui continue de décortiquer la mafia républicaine), et Le bibliothécaire où il continue de décortiquer la mafia républicaine et le financement des partis (un roman de 2004 intéressant à lire aujourd'hui, au vu de l'actualité politico-financière française).
L’évangile du billet vert s’inscrit dans la même lignée : un homme seul enquête face à une grosse machine, ici la religion et les Evangélistes. Comme le dit Carl Houseman, ex-flic reconverti en privé « Je suis un chrétien qui bosse pour un avocat juif qui oeuvre pour un gosse musulman, dans le but de découvrir qui a réellement tué l’athée. L’Amérique, non ? – Oui, c’est l’Amérique. L’Amérique comme elle devrait être. Seigneur, faites que ça continue comme ça. »

Carl Houseman s’est sauvé de l’alcoolisme et de sa déchéance de flic en trouvant le salut (l’aveuglement) dans la foi. Sa femme Gwen « On est en Amérique, ils n’ont aucune raison de nous mentir. », est encore plus fervente que lui. La religion lui procure la sécurité à tous les niveaux, évitant de se poser des questions (il y a des réponses toutes faites) et offrant le confort d’une communauté qui facilite la vie ensemble. Pourtant, la fissure et le doute vont s’installer. Houseman va enquêter pour la défense d’un musulman emprisonné, point de départ pour lever un lièvre bien plus gros en lien avec cette Cathédrale du Troisième Millénaire et les fanatiques qu’elle rassemble. La trame est un peu grossière quand on met bout à bout un baron de la drogue, des poursuites en voiture, un flic divorcé, une veuve séduisante, un condamné innocent... L’histoire offre ce qu’on attend d’elle avec un trait un peu lourd mais Larry Beinhart a l’intelligence d’équilibrer les scènes, l’intrigue, les personnages, pour ne pas tomber dans tous les clichés. La dose d’humour qu’il apporte est toujours réjouissante, et fait un bon contrepoids à la noirceur du monde décrit, où la justice n’est rendue que temporairement. La société étant ce qu’elle est, 100 fois sur le métier il faut remettre l’ouvrage, pour tous les hommes épris de morale, d’intégrité et de justice.

À placer dans la lignée des Canards en plastique attaquent de Brookmyre, Le diable et Daniel Silverman de Theodore Roszak, ou encore La confrérie des mutilés de Brian Evenson. Des romans qui questionnent le besoin de foi, prônent la raison dans la quête de vérité, et se méfient de l’irrationnel et ses dérives.

Larry Beinhart, L'évangile du billet vert, Gallimard/Série Noire, 2010, 20 euros, 377 p.

Bloc-note de la rentrée

lundi 2 août 2010


-> Après la déception Vendetta, vérifier si RJ Ellory est plus convaincant avec Les anonymes.

-> Surveiller l'arrivée d'une nouvelle française à la Série Noire, après Ingrid Astier voici Elsa Marpeau avec Les yeux morts.

-> Se procurer le nouveau David Peace Tokyo ville occupée chez Rivages.

-> Ne pas manquer le retour d'Elizabeth George, un plaisir jamais renié, avec Le cortège de la mort.

-> Patienter jusqu'à octobre pour découvrir le nouveau Carlos Salem chez Actes Noirs, Nager sans se mouiller.
 
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