Pascal Dessaint, interview apéro

mardi 27 avril 2010

Pascal Dessaint, Emeric Cloche (Fondu Au Noir) et Gwenaël Dupont (O'Librius)

C'était vendredi 23 avril chez O'Librius, pour le lancement de Mauves en Noir. Au départ ils étaient 7 auteurs invités et finalement il y en avait 9 puisque Françoise Laurent et Romain Slocombe ont fait une visite surprise. Le public Nantais a réchauffé l'atmosphère du bar et entre quelques verres les auteurs sont montés sur le tabouret d'interrogatoire, encadrés par Gwenaël et Emeric. On commence avec un Toulousain.

Emeric : Nom, Prénom !

Pascal : Dessaint, Pascal

Emeric : Alors comme ça, tu écris des chansons aussi ?

Pascal : Je crains le pire... Des chansons ?

Emeric : C’est quoi cette histoire avec Jehan ?

Pascal : Aaaaaaah, c’est une belle histoire.

Emeric : Tu m’étonnes !

Pascal : Tu connais ?

Emeric : Carrément.

Pascal : Ben écoute c’est un homme que j’ai connu à Toulouse y’a une dizaine d’années. C’est assez rigolo parce que je publiais un recueil de textes, de nouvelles et de poésies à la Loupiote en 96. Dans ce recueil il y avait deux textes, un texte qui s’appelle Le riff des morts et Ce qui nous pend au nez. Et j’étais dans le train entre Paris et Toulouse, et je remonte une travée et je vois quelqu’un qui lit ce bouquin qui s’appelait Ça y est, j’ai craqué, et c’était Jehan, qui était là. Je le connaissais en tant qu’homme public de Toulouse, créateur, chanteur, et je me penche très discrètement et... « Ça vous plaît ? », « Ah ouais ouais, y’a un texte j’en ferais bien une chanson. » Ben je dis : « c’est moi qui l’ai écrit, on va au bar ». Et Jehan il a une phrase récurrente, il dit « c’est au bar qu’on se marre ». Donc on a fini le voyage... et c’était exactement en 98 cette affaire-là. La vie est étrangement faite, c’est qu’on pratiquait Toulouse depuis très longtemps, on s’était jamais croisés, et le lendemain, qui je vois sur un trottoir de Toulouse ? Jehan. Et donc là on va au bar... (rires). Hein. Et là il me dit « Pascal écoute c’est pas possible ce texte il faut qu’on en fasse une chanson... » Et dix ans plus tard un jour il est arrivé à la maison, y’a quoi y’a deux ans et demi, il me dit « je viens te voir j’ai quelque chose pour toi » et il est arrivé à la maison avec sa guitare, et il a chanté Ce qui nous pend au nez, qui est sur son nouvel album, et qui est une chanson magnifique... une interprétation magnifique ! Voilà. Le texte il est...

Emeric : Il est bien !
Gwenaël : Donc là c’est trop tard on peut pas te demander de la chanter.
Pascal : Ah ouais ouais... Non l’amitié avec Jehan, c’est pas une amitié... Mon ami Claude Mesplède me rappelle un fait qui n’est pas anodin. Un jour avec Jehan comme ça un soir on est dans un bar...
Gwenaël : C’est là qu’on se marre...
Pascal : Et puis on était pour rentrer et puis Jehan il est comme moi il est un peu excessif il sait pas s’arrêter. Alors on était place de la Bourse à Toulouse, et pour aller à la voiture – c’était pas très prudent – il me pousse comme ça et puis il m’emmène dans un endroit de Toulouse qui n’existe plus, chez Geneviève, qui était une institution, c’était le dernier endroit où on finissait la nuit à Toulouse, c’est un endroit qui a vu passer tous les grands jazzmen, et où encore il y a cinq ans, un immense escalier, on écoutait du jazz, Duke Ellington et tout, sur un disque, un tourne-disque, un "crumpeut" comme on disait à Dunkerque, et puis ça ne pouvait pas s’arrêter là encore on s’est retrouvés dans un autre endroit et…

Emeric : Pourquoi tous ces bars ?

Pascal : Parce que c’est là qu’on se marre !

Gwenaël : Et on se retrouve là dans un autre endroit et à un moment donné y’a des gens qui lui demandent de chanter, qui le reconnaissent. Alors c’était bizarre, vous savez ces heures de la nuit où on parle aux gens sans vraiment leur parler, un peu bizarre. Comme on était tous un peu, un peu chargés, il se met à chanter et donc évidemment il accroche. Les gens ils commencent à être un peu désobligeant. Et là je dis au gars « Vous lui avez demandé de changer, laissez-le chanter. » Et il commence à s’en prendre à moi. Et là Jehan s’est levé avec sa guitare, il a dit « Tu parles pas comme ça à mon copain » il lui a cassé la guitare sur…

(rires) Oh, Bravo !

Pascal : C’est Jehan.

Emeric : Jehan c’est une belle terreur.

Gwenaël : Il lui a cassé la guitare sur la tête !

Pascal : Non, la clavicule. Alors c’était au Barbu à Toulouse et Jehan il a été tricard pendant un certain temps, parce que... c’était pas sa guitare. Voilà.

Gwenaël : Dis donc...

Pascal : Ça va, je m’en suis bien sorti pour l’instant !

Emeric : Avec Jehan c’est normal.

Pascal : C’est grand, Jehan.

Emeric : Ta dernière randonnée dans les Pyrénées, c’était quand, et surtout, comment ?

Pascal : Oh la la... la dernière randonnée dans les Pyrénées c’était avec mon fils, c’était y’a un an du côté d’Arbas, un village de haute Garonne qui a un maire extraordinaire qui s’appelle François Arcangeli, sur la commune duquel on a relâché les derniers ours bruns de Slovénie, c’est un copain. C’est un endroit magnifique, et justement avec mon fils on a fait le chemin des ours. On est allés là où on a relâché les ours... Melba... C’est un endroit formidable, c’est à quoi, une heure de Toulouse. C’est très beau. C’est un endroit aussi qui est devenu un peu le lieu symbolique parce qu’il a les anti et les pros ours qui se combattent. À Arbas c’est allé vachement loin c’est à dire...

Emeric : Y’a eu les tags sur les rochers en plein milieu...

Pascal : Oui et puis la mairie d’Arbas, parce que François Arcangeli est un défenseur des ours, a été prise d’assaut par les anti ours, mais sévèrement, on a mis le feu à la statue, on a jeté de la peinture sur les façades, c’est le western quoi. C’est vachement bien. C’est polar.

Emeric : Le chapeau !

Public : Quelle est votre addiction ?

Pascal : Alors comme j’ai arrêté la cigarette depuis un moment maintenant, c’est pas ça, y’a la compagnie des femmes et puis l’alcool oui sans doute.

Gwenaël : Fffff, est-ce qu’il nous reste assez d’alcool pour ce soir ?

Public : L’addiction s’il vous plaît !

Pascal : C’est tout ?

Emeric : Ah oui.

Et bien sûr pour finir, JeHan chante Ça nous pend au nez.

Ce qui nous pend au nez
envoyé par chti31. - Regardez la dernière sélection musicale.

4 commentaires:

sylvette a dit…

Je vous pose un lien vers l'Etre aimé

alain a dit…

Je suis fan de Pascal Dessaint. Il sera aussi à Lamballe en novembre..

Fondu Au Noir a dit…

Rendez-vous est pris pour la Fureur du Noir !

Geoffroy a dit…

z'ont pas besoin de médecins à Lamballes ? :D

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