Au risque de se perdre, Cathi Unsworth

vendredi 15 février 2013

La très londonienne Cathi Unsworth a sorti son premier roman en France en 2008. La fiction s'y mêle à l'autobiographie, puisque l'auteur est journaliste et qu'il en est de même pour le personnage de Diana Kemp "sourcils arqués charbonneux, fond de teint pâle, eye-liner noir, lèvres rouges" et cheveux laqués pour "ressembler à ces femmes fatales des années 1950"

 (Cathi Unsworth - Serpent's Tail)

Au risque de se perdre se passe en 1992. C'est l'émoi dans le quartier de Camden, où est retrouvé le cadavre d'un cinéaste très en vue. L'équipe d'un jeune journal consacré à la culture alternative, à la musique, au cinéma et à l'art va se retrouver directement mêlée au meurtre. Le journal Lux a été créé par le jeune entrepreneur Neil Bambridge "produit des meilleurs écoles privées britanniques". C'est lui qui a embauché Diana Kemp, 26 ans, et Barry Hudson, journaliste et ami de Diana. "Il adorait la BD, mais aussi les films ultraviolents et esthétisants ; j'étais fan de polars et de rock'n'roll."

Promenade dans les rues de Camden, à Bell Street, dans les bars, les pubs, les boutiques et parmi les stands de vinyles. Ces scènes sont les plus réussies. Cathi Unsworth fait vivre une époque et une ambiance, des lieux et des personnages qui font le sel de l'histoire. Diana et ses fêlures donnent du relief à ce roman qu'on lit en deux temps trois mouvements, en savourant l'univers musical et littéraire dans lequel l'amateur de polars trouvera forcement des références connues.

"Le roman policier était devenu aussi branché que le rock'n'roll. Les auteurs du "nouveau roman noir" s'immisçaient partout, posaient devant des bagnoles de frime pour des magazines tendance et pontifiaient sur les rues chaudes de leur territoire."

Cathi Unsworth, Au risque de se perdre. Rivages/Noir, 2008, 9,50 €, 366 p.

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