De la couverture

dimanche 17 octobre 2010

(premier roman paru à la Série Noire en 1945, La môme vert-de-gris de Peter Cheyney)

Les amateurs de lecture sont souvent attachés au livre et leur attention va au-delà du texte. L'esthétique des couvertures de romans plante un univers qui peut donner envie d'ouvrir le livre sans même connaître son auteur ou la maison d'édition. Il faudrait revenir sur ces couvertures qui ont fait la gloire des maisons d'édition, devenues objet de collection - on pense notamment à Jean-Claude Clayes et son travail chez Neo. La couverture permet de reconnaître au premier coup d'oeil une maison d'édition. Gallmeister par exemple, a totalement réussi sur ce point-là. Aujourd'hui, les couvertures affichent des photos issues de banques de données, standardisées, stéréotypées. On est loin du travail graphique et abstrait - ce qui avait l'avantage non négligeable de ne pas orienter la lecture - de la collection "présence du futur" de chez Denoël. Prêtez-y attention la prochaine fois chez votre libraire.


La Série Noire, collection historique dans le polar, s'est créée en 1949 sur un nom et une identité visuelle forte et originale : la couverture noire avec sa typographie jaune. Au fil du temps, elle a évolué, changeant de format, de prix... pour finir par abandonner ce qui la distinguait :

C'est un infime détail, un signe de transformation qui se retrouve également chez Rivages qui a elle aussi adopté ces photos lisses et fades pour ses grands formats. Donnent-elles envie de découvrir le roman ?..

6 commentaires:

Anonyme a dit…

"Donnent-elles envie de découvrir le roman", ces couvertures qui toutes se ressemblent et font qu'il devient impossible une distinguer une collection d'une autre? C'est en tous cas le dessein des commerciaux qui pensent que la personnalisation est préjudiciable à la carrière d'un livre. C'est sans doute, qu'eux-même ne lisant pas, ils perdent de vue le principe selon lequel les véritables amateurs de lecture sont, quant à eux, attachés au livre également en tant qu'objet de collection et de reconnaissance. Mais à quoi bon en parler puisque le fait qu'une collection deviennent mythique par le fait même de leur identification, je pense par exemple à la collection ANTICIPATION publiée au FLEUVE NOIR et illustrée par Brantonne, n'entre pas pas dans leur politique commerciale à court terme...

Anonyme a dit…

Le jour où le contenu sera aussi fade et aseptisé que le contenant, je serai très inquiet (on y vient, voir les publications récentes à la série noire).
En attendant, il existe encore des éditeurs qui osent. Soutenons-les !
A quand un article sur les couvertures qui osent ? Hein ?

Amilanar

dj duclock a dit…

M'est avis qu'il faut militer pour la couverture abstraite comme celles de P.O.L, de Denoël et présence du futur... Des couvertures qui ont de la gueule (avait pour le cas de présence du futur) et qui n'orientent pas la lecture. Il m'est arrivé dernièrement de recouvrir d'une feuille blanche la couverture du Robert Charles Wilson "Vice vesra" de chez "J'ai Lu" tellement la jaquette était moche et intrusive.

cynic63 a dit…

En même temps, la couverture peut aussi être l'occasion d'un vrai travail graphique original. Elle peut parfois lorgner vers l'abstrait, en effet, ou avec une photo simple "coller" à l'intrigue du roman (je pense ici, pour les derniers bouquins dont j'ai parlé à Insoupçonnable de Tanguy Viel, dans son édition poche). J'aime bien aussi ce que fait Ecorce, par exemple,, ou la sobriété de Gallmeister...
Si certaines couv' de la SN ne sont pas géniales ces derniers temps, je suis plus "choqué" par certains résumés de quatrième qui en disent souvent trop ou qui, à grands renforts de jugements de sommités du Milieu, disent n'importe quoi sur le contenu des livres. Ex, à la Soantine: Un roman au style sec comme du Ellroy, au suspense digne d'Harlan Coben. Signé: Michael Connelly
ps:il s'agit d'une parodie très exagérée évidemment

dj duclock a dit…

M'est avis qu'il ne faut JAMAIS lire les 4ème de couv', c'est en général un MASSACRE qui dessert le bouquin. Mieux vaut bouquiner les premières lignes et quelques extraits au hasard dans le bouquin pour se faire un premier avis quand on ne sait pas ce qu'on vient chercher... Ou alors il va falloir batailler pour que les 4ème de couv' soit faites par des gens qui ont lu le bouquin et qui lui offre un angle d'approche au minimum thématique au lieu de résumer l'histoire ou de générer des mots comme "haletant", "suspens", "ne vous lâchera pas"...

cynic63 a dit…

Tu as raison. Je les parcours rapidement surtout quand je ne connais pas l'auteur ou quand il s'agit d'une série (pour voir à quel volume j'ai affaire). J'ai bien aimé celle du "Serpent à mille coupures" l'an dernier

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